LONG TERM PARKING

ARMAN (1928-….)

Au début des années 60, les artistes recherchent leurs inspirations dans la société de consommation et la culture de masse. Cette tendance donnera naissance à deux courants artistiques, le Pop Art et le Nouveau Réalisme.

Le pop Art :

Tendance artistique née aux Etats Unis  aux alentours des années 1960. Les artistes prélèvent des images, des symboles dans l’environnement  du consommateur. On voit deux sources d’inspirations, les publicités et les objets du quotidien. Les principaux maîtres sont Andy Warhol, Roy Lichtenstein, James Rosenquist, Tom Wesselman.

 Les Nouveaux Réalistes :

Tendance artistique Française (1960-1970) qui est née en réaction du courant américain (le pop art). Les artistes dénoncent la société de consommation dont ils récupèrent les objets mis au rébus ou usagés.

 L’objet dans l’art :

            La démarche d’Arman s’inscrit dans un vaste mouvement de redéfinition de l’art qui a débuté avec les papiers collés de Picasso en 1910. Grâce à ce geste inaugural, des objets, des fragments d’objets, des morceaux de papier se voient acquérir le statut de médium et ils sont utilisés pour composer la surface picturale.  A partir de moment, l’espace pictural de la toile se voit agrandit et tout un champ de catégories artistiques stables jusqu’alors s’effondre laissant la place à l’introduction d’objets et d’éléments divers dans l’œuvre.

Long Term Parking 1982

 

La sculpture a été construite en 1982 sur un terrain en pente, dans un parc classé de  Jouy en Josas. Elle est posée sur un socle de béton de 8mx8m. Un vide de 1m par 1m au centre de la sculpture permet de descendre à l’intérieur. Les voitures sont calées à l’aide de coffrage qui sera détruit au moment du démoulage. Les voitures sont remplies de béton. Il a fallu six mois pour la construction, coût de 1 million de francs.

La sculpture selon les vœux de l’artiste, devait partir en miette au fil des ans. Arman souhaitait que les pneus pourrissent, que les carcasses s’effritent et que les voitures finissent par apparaître en négatif. Le béton portant leur empreinte comme un fossile.

En 1982, l’œuvre est inaugurée, elle mesure 20 mètres de hauteur et pèse 1600 tonnes. 59 voitures sont enchâssées dans le béton.

L’œuvre est une sorte de copié collé de la réalité, elle donne une impression de vestige d’une civilisation engloutie

Long term parking se donne à voir comme quatre surfaces aux couleurs aléatoires. Les voitures proviennent de la case (des résidus de la société de consommation). Le choix des couleurs est le constat d’un passage des voitures sur une autoroute, et on constate que le noir domine.

 Long term parking est une sculpture.

 
Sculpture :
C’est une œuvre tridimensionnelle (autour de laquelle on peut tourner) qui peut être créée un par retrait de matière, par modelage ou par assemblage. Tous les matériaux imaginables peuvent être utilisés pour asa réalisation.

 
Assemblage : C’est une technique qui consiste à réunir de façon solidaire différents éléments pour former un tout. Un assemblage peut être composé de différents matériaux bruts ou d’objets de récupération.

Arman une histoire en trois actes

Accumuler : les accumulations

Il amasse et entasse sans fin les productions de notre industrie. Il fonde ainsi le langage d’une nouvelle esthétique de présentation de l’objet, en réponse à la production et à la surproduction des objets de consommation.

Il provoque une nouvelle perception de notre quotidien.

La quantité crée un changement, l’objet est accumulé en tant qu’objet. Il devient une sorte de grain, de surface, de monochromie.

Cent objets identiques mi-ensemble créent une nouvelle identité : une masse.

Accumuler plusieurs objets à la fois lui fait garder la même signification ( ex ; masque à gaz), mais cela renforce l’aspect du sens, ici la violence.

Les accumulations relèvent aux yeux de l’artiste, d’une composition plastique, picturale qui est le fait simultané de l’expressivité propre à l’objet et à l’intervention, plus ou moins importante du hasard.

Les poubelles :

Thème des détritus.

Evolution de la consommation.

Série de portraits d’atelier d’artiste sous forme de boites vitrées recueillant les corbeilles, les  poubelles de Christo, Warhol…

Action dans la galerie de Iris Clert « le plein » comme une réponse au « vide » de Klein.

Inclure : les inclusions

Fixer à la colle, geler dans la résine de polyester, momifier dans le béton sont des procédures indissociables du travail d’accumulation.

En 1963, le polyester devient un médium dans lequel Arman immerge les objets : les inclusions.

Dans cette pratique, l’artiste décide de la mise en place des objets.

Détruire : les destructions

L’autre versant de la logique de la transformation : la violence faite aux objets, le geste de la destruction.

Les colères :

Principalement sur les instruments de musique et les statues.

Mettre en pièces est une autre manière d’accumuler ou de rendre l’un (l’objet) en multiple (objet fragmenté).Les colères fragmentent l’objet en autant de pièces constitutives de son identité, cela engage la multiplication de l’objet.

Quand il détruit un objet, tous les morceaux sont récupérés dans un espace donné (par exemple un coffrage de planches), ce n’est donc pas une destruction qui est complète. Il montre la catastrophe.